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RDC : Pourquoi la Loi de Finances 2026 nous impose de repenser la Pression Fiscale plutôt que la Création d’Impôts.

La promulgation de la Loi de Finances n° 25/060 pour l’exercice 2026, avec un budget équilibré à 54.335,8 milliards de FC (environ 22,02 milliards USD), remet au centre du débat une question cruciale pour notre économie : comment financer le développement de la République Démocratique du Congo sans étouffer ses opérateurs économiques ?

En tant que consultant fiscal, mon analyse est sans équivoque : l’urgence n’est plus à l’invention de nouvelles taxes, mais à l’amélioration de notre pression fiscale, actuellement projetée à 12,3 %.

Le piège de la multiplication des impôts

La tentation est souvent grande pour un État de créer de nouveaux impôts pour combler son déficit. Cependant, cette stratégie est contre-productive pour trois raisons majeures :

1.           L’étouffement du secteur formel : Créer de nouveaux impôts revient souvent à taxer davantage ceux qui paient déjà. Cela réduit la compétitivité de nos entreprises et décourage l’investissement.

2.           L’incitation à l’informel : Plus la fiscalité est complexe et lourde, plus les agents économiques sont tentés de basculer ou de rester dans l’informalité pour survivre.

3.           Le paradoxe de Laffer : « Trop d’impôt tue l’impôt ». Au-delà d’un certain seuil, l’augmentation de la pression fiscale individuelle entraîne une baisse des recettes totales de l’État à cause de l’évasion fiscale et du ralentissement économique.

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L’impératif : Augmenter la Pression Fiscale (Capacité de Captage)

L’enjeu de 2026 n’est pas de changer le « taux » de l’impôt, mais de changer le rendement de notre système. Passer à une pression fiscale plus élevée signifie que l’État devient capable de capter une part plus juste de la richesse nationale (le PIB) en élargissant l’assiette fiscale.

À 12,3 %, la RDC est encore loin de la moyenne africaine (autour de 16-18 %). Cette marge de progression représente des milliards de dollars qui pourraient financer, par exemple, le budget du Ministère de la Santé (actuellement à 5.488,2 Mds FC / 2,22 Mds USD) sans demander un franc de plus aux contribuables honnêtes.

Nos pistes de solutions pour un captage optimisé

Pour atteindre les objectifs de 2026, l’effort doit se concentrer sur la modernisation et l’équité :

•             Digitalisation intégrale (E-Fiscalité) : La généralisation de la facture normalisée et la numérisation des procédures de la DGI, DGRAD et DGDA sont les meilleurs remèdes contre la corruption et les fuites de recettes.

•             Intégration du secteur informel : Plutôt que de punir, l’État doit proposer une fiscalité simplifiée et incitative (impôt synthétique) pour ramener la masse monétaire circulant hors circuit dans le giron public.

•             Réduction des exonérations discrétionnaires : Une analyse rigoureuse des niches fiscales accordées permettrait de récupérer des recettes importantes sans modifier la loi fiscale actuelle.

•             Déconcentration de l’ordonnancement : À l’instar du Ministère de la Santé en 2026, la responsabilisation des services sectoriels dans la gestion de leurs budgets permet une meilleure traçabilité des recettes liées à leurs actes générateurs.

Conclusion

Le budget 2026 est ambitieux. Mais sa réussite ne dépendra pas de la sévérité du fisc envers les entreprises existantes. Elle dépendra de l’intelligence de l’administration à « ratisser large ». En tant que consultant fiscal, je propose un pacte de stabilité : ne plus créer d’impôts, mais s’assurer que tout le monde paie sa juste part.

C’est à ce prix que nous construirons une économie forte.

Besoin d’un diagnostic fiscal pour votre entreprise en prévision de l’exercice 2026 ? Contactez notre cabinet.

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